Le bore out ou épuisement professionnel par l’ennui

Le plus souvent on parle de son opposé, le Burn out (surmenage). A tous ceux qui sont débordés par leur travail, qui y passent des heures interminables, et oublient même parfois la pause déjeuner : passez votre chemin. Vous ne pouvez pas comprendre ce qui sera dit ici. Pire, vous vous moquerez. Ou vous envierez.

Il est plus rare d’entendre les gens se plaindre parce qu’ils s’ennuient dans leur boulot. Pour une raison évidente : ce serait « mal vu », « pas valorisant », d’avouer qu’on est actif une semaine par mois, et que le reste du temps, on glande sur internet devant son ordinateur. Cette situation est très fréquente dans les métiers à objectifs périodiques tels la comptabilité ou le contrôle de gestion, surtout si l’on bosse dans un département déjà bien établi, et dans lequel les projets internes se font rares.

Jeune, ambitieux, volontaire, travailleur qu’on était à l’embauche, on devient désillusionné, frustré, résigné, renfermé. On relance son chef par rapport à sa disponibilité ; il nous confie une tâche dont lui-même n’est pas convaincu de l’utilité. On arrête de relancer son chef parce qu’on voit bien que lui non plus n’a rien à faire. Alors on trouve des solutions pour que le temps paraisse moins long. On arrive à 10h au boulot. Puis on prend une pause café de plus d’une demi-heure avec le reste de l’équipe (entre bored out :-)). Dix min avant midi on descend à la cantine car « il y a souvent du monde donc il faut y aller tôt pour trouver des places ». On revient de la pause déjeuner à 14h. A 16h on reprend une pause café de trois quart d’heures. Et on se barre à 17h. Je vous laisse faire le décompte des heures réellement travaillées… du moins…. des heures passées devant son poste de travail.

C’est triste. C’est un gâchis de talents pour les entreprises concernées. C’est un phénomène alarmant pour la France déjà à 10% de chômage. C’est la porte à la dépression pour les salariés qui en souffrent. Que faire ?

Inclure la question d’épanouissement et d’ennui dans les processus d’évaluation annuelle en entreprise, afin que ce sujet cesse d’être tabou et que les sociétés optimisent davantage la gestion du personnel. Certaines boîtes externalisent de plus en plus les fonctions supports à sollicitations périodiques.

Cela augmenterait le taux de chômage en France, peut-être, sauf si la notion de CDI était revue pour un marché de l’emploi plus flexible. Il y a des économistes qui prédisent un système dans lequel les travailleurs seraient autonomes et pourraient signer des contrats avec des entreprises différentes, avec des objectifs à atteindre dans un délai convenu d’avance.

En attendant que ce système débarque, la principale solution pour les salariés victimes de bore-out : DEMISSIONNER. Chercher un métier avec davantage de challenges, comme le consulting. Mais si on n’y arrive pas, ou qu’on tient quand même aux autres avantages offerts par sa boîte : Rentabiliser le temps. Faire des formations, réviser pour des certifications, avancer dans ses projets personnels.

Oseriez-vous témoigner si vous êtes déjà passé par là ?

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